COREE DU NORD – Malade, moi ? Plutôt mourir

Les Nord-Coréens sont loin d’être bien lotis en matière de couverture santé. Opérations sans anesthésie, malnutrition voire famine, le peuple de Kim Jong-Il est en danger. Amnesty International demande à la communauté internationale d’intervenir, conflit politique ou pas

kimjongilLes Nord-Coréens ne vont pas bien et c’est eux qui le disent. Et pour une fois ce n’est pas la santé du Grand Leader, Kim Jong-Il (photo AFP) qui préoccupe les médias mais bien celle d’une population isolée du reste du monde. 40 anciens ressortissants exilés aujourd’hui à l’étranger ainsi que des professionnels de la santé, en contact régulier avec le pays, ont apporté leur éclairage sur la situation sanitaire désastreuse en Corée du Nord.

Insalubrité générale
Amnesty International a regroupé ces informations dans un rapport intitulé “Corée du Nord : un système de santé en ruines”. Son contenu est pour le moins affligeant. Officiellement, Pyongyang assure que tous les soins médicaux sont gratuits. Dans les faits, tout se marchande : des cigarettes ou de la nourriture pour remercier le médecin de prendre en soin ses maux les moins graves, de l’espèce quand il faut parler d’opération ou de traitements plus lourds. “La Corée du Nord ne parvient pas à assurer les besoins les plus élémentaires de sa population en matière de santé et pour sa survie. Cela est particulièrement vrai pour les personnes qui n’ont même pas les moyens de payer les soins médicaux”, souligne Catherine Baber, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. Ceux qui n’ont pas d’argent s’essaient à l’automédication et deviennent parfois accros aux remèdes miracle sensés tout soigner. Les autorités ont même dû retirer de la vente certaines de ces panacées. Les autres meurent dans l’indifférence générale.

Pour les “chanceux” ayant accès aux soins, rien n’est encore gagné. Il faudra endurer des opérations sans anesthésie, mais avec tout de même des sangles pour ne pas trop bouger, et en cas de survie échapper aux infections vous guettant dans les draps sales et les seringues réutilisées.

Régime politique = régime alimentaire
Face à un système de santé insalubre, les Nord-Coréens ne peuvent compter que sur leur bonne santé. Difficile pourtant de le rester quand l’épidémie de tuberculose n’est toujours pas maîtrisée et que la nourriture manque cruellement. Depuis la famine du début des années 1990, durant laquelle un million de personnes ont péri, Pyongyang joue au chat et à la souris avec le programme d’aide alimentaire international, le sollicitant quelques années puis le mettant gentiment à la porte. Aujourd’hui, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies en Corée du Nord manque cruellement de fonds alors que la famine règne, selon certaines ONG. Déflation de la monnaie oblige, le prix du riz a plus que doublé ces derniers mois. Certains citoyens de la dictature se rabattent donc sur des écorces d’arbres, des racines et de l’herbe. Des centaines voire des milliers de Nord-Coréens seraient littéralement morts de faim.

Continuer à aider
Amnesty International tire la sonnette d’alarme et demande une réaction rapide de la communauté internationale. Pyongyang, la rebelle, n’est pas dans ses petits papiers, surtout depuis qu’elle s’entête à vouloir poursuivre son programme nucléaire. Les sanctions internationales à l’égard de la Corée du Nord ne doivent cependant pas mettre ses habitants dans une situation davantage précaire. “La population nord-coréenne a besoin de toute urgence d’une aide médicale et alimentaire, et celle-ci ne doit surtout pas devenir un enjeu politique pour les pays donneurs”, insiste Catherine Baber. Mais Kim Jong-Il, en grande désillusion, se laissera-t-il aider ? Il ne semble pas s’en préoccuper outre mesure. Le dictateur n’aura consacré l’année passée qu’un dollar par an et par habitant à son système sanitaire, faisant de son pays celui ayant dépensé le moins pour son budget santé.

Publié sur Lepetitjournal.com

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