CHRISTOPHER NOLAN – Le nouveau maître du suspense

Christopher Nolan est le nouveau chouchou d’Hollywood. Après Memento ou encore les deux derniers Batman, le réalisateur britannique revient avec Inception, un blockbuster qui fait réfléchir. Passé maître dans l’art du film noir et surprenant, Nolan pourrait bien être le nouveau Hitchcock

chris_nolan1Il a fallu dix ans pour que Christopher Nolan (photo AFP) concrétise son rêve. Après une décennie à se plonger dans ses songes, Inception vient enfin de sortir sur les écrans français et bat déjà des records d’affluence à travers le monde. Christopher Nolan s’offre une nouvelle fois le luxe de combiner un casting de rêve et une histoire complexe, capable de séduire aussi bien les critiques que le grand public.

Le retour du film noir
“À 7 ans, je réalisais des films en super-huit avec la caméra de mon père. Star Wars a été le grand choc de mon enfance, c’était un monde dans lequel on pouvait se perdre”, avoue Christopher Nolan. Depuis son premier long métrage, Following (1998), le Britannique tente de renouer avec un genre difficile et obscur : le film noir. L’histoire tournée en noir et blanc plonge le spectateur dans les méandres de l’esprit torturé d’un romancier, le tout sur fond de voyeurisme. La critique est impressionnée. Mais c’est avec Memento (2000) que le réalisateur s’impose au-delà de ses frontières. Christopher Nolan s’amuse à déstructurer l’intrigue avec des flashbacks, des scènes en noir et blanc et un personnage principal ayant des lacunes mémorielles. “Si vous pensez film noir et considérez l’énigme comme un labyrinthe, vous ne voulez pas être au-dessus, à regarder chaque joueur face au cul-de-sac. Il est plus excitant d’être avec eux, de décider d’aller à gauche ou à droite” : le réalisateur daltonien présente ainsi au monde sa vision si particulière du cinéma, inspirée par Stanley Kubrick, Nicolas Roeg, Alfred Hitchcock ou encore Ridley Scott qui a réalisé son film culte Blade Runner, “une des œuvres les plus complexes, sombres et denses que j’ai vues”.

Les yeux doux d’Hollywood
La “Nolan touch” séduit depuis Hollywood et ses acteurs vedette, une aubaine pour ce réalisateur qui peut s’entourer de comédiens de talent. “J’ai toujours été fasciné par les acteurs et je tourne souvent avec les mêmes. J’ai travaillé trois fois avec Cillian Murphy, trois avec Christian Bale et quatre avec Michael Caine”, explique-t-il. Insomnia (2002) voit Al Pacino en flic insomniaque poursuivre un Robin Williams plus sombre qu’à l’accoutumée. Le réalisateur est ensuite choisi pour reprendre les rênes d’une franchise tombée en désuétude : Batman. Avec Batman Begins (2005) et The Dark Knight (2008), le pari est réussi. Le héros de bandes dessinées se révèle dans toute sa souffrance et sa profondeur. Le deuxième volet de la nouvelle saga est d’ailleurs plus proche d’un opéra que du blockbuster traditionnel, un milliard de spectateurs iront saluer la dernière performance du regretté Heath Ledger.

Inception, un rêve devenu réalité
Son dernier film, Inception, nous transporte dans le monde des rêves et de ceux qui s’en servent pour le pouvoir, à moins que ce ne soit leurs songes qui prennent l’ascendant sur eux. Leonardo Di Caprio, la sublime Marion Cotillard, Michael Caine , Ken Watanabe ou encore Ellen Page (Juno), se perdent dans les dédales de ce nouveau labyrinthe signé Nolan. L’audience, transportée par la caméra experte et la musique envoûtante de Hans Zimmer, gravite avec les protagonistes dans les différentes mises en abyme. Tour à tour, action, mélodrame, thriller, l’intrigue, qui s’ouvre comme une boîte de Pandore, surprend jusqu’au dernier instant. “J’ai une attirance pour les protagonistes névrosés”, avoue la nouvelle coqueluche de l’industrie cinématographique. Mais le quarantenaire apporte une précision : “J’assume un cinéma sombre. Ce que je refuse, c’est l’austérité. Je veux de la densité.”

Publié sur Lepetitjournal.com

Advertisements