PATRIMOINE UNESCO – Douce France

L’Unesco a choisi deux nouveaux sites tricolores pour agrandir sa liste des trésors du Patrimoine mondial : la cité épiscopale d’Albi et l’île de la Réunion. En tout 35 sites français y sont répertoriés. Mais quel est le bénéfice d’un tel honneur ?

La France est le plus beau pays du monde, vous en êtes persuadé, c’est normal puisque vous êtes français. Mais rassurez-vous, le reste du monde n’est pas complètement en désaccord avec vous. D’ailleurs, lors de sa dernière réunion à Brasilia (Brésil), le Comité du Patrimoine mondial de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), a élu deux nouveaux sites tricolores, montant ainsi à 35 le nombre de représentants français parmi les 911 biens culturels ou joyaux naturels chéris par l’humanité.

albiLes nouveaux entrants
21 nouveaux sites ont fait leur entrée dans le Patrimoine mondial. Les canaux d’Amsterdam (Pays-Bas), le bazar historique de Tabriz (Iran), le site archéologique de Sarazm (Tadjikistan) ou encore l’archipel des Kiribati en font désormais partie. Du côté français, la cité épiscopale d’Albi (Tarn) (photo AFP) ainsi que La Réunion ont été plébiscitées. La vieille ville albigeoise “reflète l’épanouissement d’un ensemble architectural et urbain médiéval”, explique l’organisation onusienne. Quant à l’île de l’Océan indien, ses “pitons, cirques et remparts” forment un”site d’une très grande beauté et d’une biodiversité unique”, a souligné Tim Badman de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN).

35 sites français
C’est par la convention de 1972, que l’Unesco a institué ce Patrimoine mondial qui appartient de fait “à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés”. En 1979, cinq lieux incontournables du paysage culturel français y sont inscrits, dont le Mont-Saint-Michel et sa baie, aujourd’hui l’un des lieux touristiques les plus prisés de l’Hexagone. 35 monuments ou sites naturels français sont ainsi protégés par l’Unesco, dont le label doit permettre de débloquer des aides financières pour la reconstruction et la préservation de ces trésors de l’humanité.

Jackpot touristique et développement durable
Mais le titre honorifique est également gage de boom touristique. Si c’est vrai pour les grottes de Lascaux ou encore le château de Versailles, cela l’est d’autant plus pour le patrimoine situé dans les pays en développement. La vile de Luang Prabang (Laos), les chutes Victoria (Zambie) ou encore le site maya de Copán (Honduras), ont ainsi pu bénéficier de cette reconnaissance internationale pour faire revivre le tourisme et par conséquence développer l’économie locale. L’œil de l’Unesco veille cependant à ce que ce nouveau boom économique ne s’accompagne pas des traditionnelles dérives. Pas question donc de voir fleurir des cages à touristes en plein milieu d’un site protégé sous peine de se voir retirer son label. Le président du conseil général Didier Robert (UMP) de La Réunion se félicite de cette rigueur : ” Je suis convaincu que cette inscription favorisera le développement du tourisme durable et respectueux des sites”.  “Un site classé voit sa fréquentation augmenter de 15% la première année, 20 à 40% les années suivantes”, souligne plein d’espoir une élue de la Région, Fabienne Couapel-Sauret. La “ville rouge” du Tarn espère, elle aussi, accueillir plus de touristes et même dépasser le million de visiteurs.

La France, première destination touristique mondiale, n’avait peut-être pas besoin de cela pour convaincre les voyageurs étrangers de nous rendre une petite visite. L’appellation onusienne devrait cependant modifier les projets de certains. Alors aux prochaines vacances : quittons Paris, direction Albi et délaissons un peu les plages réunionnaises pour découvrir l’intérieur de l’île.

Publié sur Lepetitjournal.com

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