KIM JONG-IL – Mon fils, ce dictateur

Alors que la santé du Grand leader, Kim Jong-il, est de plus en plus précaire, les regards se tournent vers la troisième génération de dictateurs nord-coréens. Le plus jeune fils, Kim Jong-un, dont on ignore presque tout, pourrait être son digne successeur. Il vient à 26 ans d’être promu général

Alors que seuls les analystes politiques étrangers l’évoquaient ces derniers mois, Kim Jong-un vient d’être officiellement mentionné et ce pour la première fois par les médias nord-coréens contrôlés par le régime très secret de Pyongyang.  Le cadet du dictateur nord-coréen a été promu mardi au rang de général juste avant un congrès extraordinaire du Parti des travailleurs de Corée du Nord, qui devrait parler du futur de la nation.

kim jong unIl est le fils de Kim Jong-il
Kim Jong-un est le plus jeune fils du Grand Leader Nord-Coréen, né de sa troisième femme, la danseuse d’origine japonaise Ko Yong-hi, qui serait décédée d’un cancer en 2004. Du jeune homme, on sait très peu de choses. Il serait né en 1983 ou 1984. On ne disposait jusqu’à présent que d’une seule photo de lui, âgé de 11 ans mais un nouveau cliché a refait surface (Photo AFP/Yonhap).

Kim Junior a étudié en Suisse jusqu’en 1998, à l’Ecole internationale de Berne, sous une fausse identité, avant de rentrer en Corée du Nord. Il y aurait notamment appris à parler anglais, français et allemand. Ses anciens camarades le décrivent comme un garçon “timide et mystérieux”, grand amateur de basket-ball, fan de Michael Jordan et de Jean-Claude van Damme. Mais le jeune homme aurait bien changé depuis la fin de ses études. Kenji Fujimoto, ancien chef cuisinier personnel de Kim Kong-il, qui l’a fréquenté, le décrit comme “une copie conforme de son père, au niveau du visage, de la corpulence et de la personnalité”. Le jeune homme souffrirait, comme son père, de diabète.

Il pourrait être le prochain tyran nord-coréen
Ces derniers mois, la question de la succession de Kim Jong-il s’est faite de plus en plus pressante, car la santé du “Cher dirigeant” est précaire. Kim Jong-il, 68 ans, aurait souffert d’une attaque cérébrale en août 2008. Début janvier 2009, déjà, la presse sud-coréenne avait annoncé que Kim Jong-il – qui a lui-même succédé à son père, Kim Il-sung, le “Président éternel” en 1994 – avait organisé sa succession en faveur de son plus jeune fils. Selon les services de renseignement sud-coréens, ce choix a été annoncé officiellement après l’essai nucléaire du 25 mai 2009 aux hauts responsables du Parti du Travail (le parti au pouvoir), du gouvernement et de l’armée, qui auraient prêté serment de fidélité au successeur désigné.

Mais son avenir est encore incertain
Kim Jong-un, dont le nom signifie “Nuage Vertueux”, n’était pourtant pas le seul candidat à la succession. Le fils ainé de Kim Jong-il, Jong-nam, âgé de 37 ans, qui faisait figure de favori, aurait perdu les faveurs de son père à la suite de son expulsion du Japon en 2001, alors qu’il tentait d’entrer dans le pays muni d’un faux passeport. Le fils cadet, Jong-chul, âgé de 27 ans, serait quant à lui jugé par son père trop “efféminé” pour être un leader fort, rapporte Kenji Fujimoto. Peu à peu, Kim Jong-un, au caractère plus autoritaire, est donc apparu sur la scène nord-coréenne. Début 2009, il est entré à la Commission Nationale de Défense. On a rapporté que des écussons à son image ont été distribués à la population, et qu’une chanson en son honneur, glorifiant le “Commandant Kim”, est enseignée aux écoliers.

Aujourd’hui promu général, tout semble se préciser pour le jeune Kim. Si rien ne garantit, une fois son père disparu, que les cadres du régime respecteront leur serment de loyauté, son oncle, Chang Song-taek, numéro 2 de la dictature, lui apporterait un soutien sans faille.

Publié sur Lepetitjournal.com

Advertisements