ANNIE GIRARDOT – Rideau !

Annie Girardot est décédée lundi à l’hôpital Lariboisière à Paris, à l’âge de 79 ans, des suites de la maladie d’Alzheimer, a annoncé sa famille. Le monde du cinéma, de la politique et le public lui ont témoigné une dernière fois leur amour

anniegirardotAnnie Girardot (photo AFP) est décédée hier à l’âge de 79 ans à Paris. “Elle est partie paisiblement. Maman et moi étions à ses côtés“, a déclaré Lola Vogel, petite-fille d’Annie Girardot. L’actrice souffrait depuis plusieurs années de la maladie d’Alzheimer dont elle avait fait un combat public. Elle n’avait plus joué au cinéma depuis 2007, mettant fin à plus d’un demi-siècle de carrière.

Une carrière exceptionnelle
Née le 25 octobre 1931 à Paris, Annie Girardot avait fait ses débuts au cinéma avec Treize à table d’André Hunebelle, en 1955, après avoir déjà brillé sur les planches. Avec la troupe des “Branquignols” puis à la Comédie-Française, le talent inné d’Annie Girardot s’exprime sans pareil. Elle n’interprète pas des personnages, elle les vit. Les plus grands noms du métier ne s’y trompent pas. Jean Cocteau la remarque et la fait jouer au théâtre. Visconti la prend sous son aile (Deux sur la balançoire, Rocco et ses frères). La comédienne a connu un immense succès populaire dans les années 70-80, notamment pour son interprétation dans les films Mourir d’Aimer d’André Cayatte, La gifle de Claude Pinoteau et Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas… mais elle cause, de Michel Audiard en 1969, ou encore La Zizanie de Claude Zidi en 1977. La même année, elle obtiendra le César de la meilleure actrice pour son rôle dans Docteur Françoise Gailland de Bertucelli. Elle en obtiendra deux autres, en 1996 pour sa participation dans Les Misérables de Claude Lelouch, puis pour son rôle dans La Pianiste en 2002. Tout le monde se souvient d’ailleurs de la remise de prix de 1996, où c’est, très émue, qu’elle revient sur le devant de la scène après plusieurs années d’absence.

Une artiste regrettée
Les témoignages du monde artistique et politique n’ont pas tardé. “Annie était un monument du cinéma français, une immense actrice, très instinctive et toujours juste. Son départ est bouleversant. Je suis allée l’embrasser une dernière fois dimanche soir. Sa fille Julia et sa petite-fille Lola m’avaient appelée pour me dire que c’était la fin. Cela a été réconfortant de la voir entourée de tellement d’amour. J’ai trouvé Annie très paisible. Depuis tant d’années, nous avions une grande complicité”, a déclaré Line Renaud. “Elle restera mon plus beau souvenir de réalisateur et d’homme. C’était une femme extraordinaire aussi bien devant la caméra que derrière”, a souligné le réalisateur Claude Lelouch sur BFMTV. Le comédien Michel Galabru a déploré : “Le public l’adorait. Elle a eu une carrière lumineuse, la pauvre petite…”. “Le cinéma est veuf”, a précisé le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand. Le président de la République a estimé dans un communiqué qu’Annie Girardot “avait mis l’alliage étonnant de force et de sensibilité qui caractérisait son immense talent au service d’œuvres qui mettaient en valeur l’héroïsme ordinaire des classes populaires”.

Publié sur Lepetitjournal.com

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