RSF – Les journalistes en danger

D’un côté des pays d’Europe du Nord exemplaires, de l’autre des dictatures et des régimes autoritaires, tel est le spectre de la situation de la liberté de la presse révélé pour la 10e année consécutive par Reporters sans frontières (RSF). Malgré les changements de régime de 2011, la presse reste en danger

rsf_classementCarte des résultats du classement 2011-2012 (www.fr.rsf.org)

L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a présenté le 25 janvier dernier son dixième classement annuel de la liberté de la presse dans le monde. Si on pouvait s’attendre à un mieux suite aux différentes révolutions démocratiques, tout est loin d’être rose pour les médias. “De nombreux médias ont payé cher la couverture des aspirations démocratiques ou des mouvements d’opposition. Le contrôle de l’information reste un enjeu de pouvoir et de survie pour les régimes totalitaires et répressifs. 2011 illustre également le rôle prépondérant joué par les net-citoyens pour la production et la diffusion de l’information”, a souligné Reporters sans frontières lors de la présentation de son classement.

Les pays exemplaires
“Le classement 2011-2012 voit toujours en tête le même socle de pays – Finlande, Norvège, Pays-Bas, etc. – respectueux des libertés fondamentales, nous rappelant à la fois que l’indépendance de la presse ne peut être préservée que dans les démocraties fortes et que la démocratie se nourrit de la liberté de la presse”, explique RSF. Certaines évolutions positives sont à noter. Armé d’une transition démocratique réussie, le Niger enregistre la plus grosse progression (+75 places) et arrive à la 29e place. Le Cap-Vert (9e) et la Namibie (20e) entrent pour la première fois dans le top 20. La France (38e) progresse de six places par rapport à l’an passé. RSF place cependant, et  ce pour la première fois, la France sur la liste des “pays sous surveillance” par rapport à la liberté de l’information sur internet.

Les mauvais élèves
“Le trio infernal – composé de l’Érythrée, du Turkménistan et de la Corée du Nord, dictatures absolues où n’existe aucune liberté publique – occupe sans surprise la fin du classement. Il est talonné cette année par la Syrie, l’Iran et la Chine, trois pays qui semblent avoir perdu contact avec la réalité, aspirés qu’ils sont dans une folle spirale de terreur ; mais également le Bahreïn, le Viêtnam, régimes d’oppression par excellence. D’autres pays, comme l’Ouganda et le Bélarus se sont également enfoncés davantage dans la répression.”, souligne RSF. Les révolutions arabes n’ont pas eu toute une issue heureuse comme le rappelle l’organisation. Si la Tunisie a vu sa situation s’améliorer (+30 places), la Syrie (176e, – 3 places), le Bahreïn (173e, – 29 places), l’Egypte (166e, – 39 places) ou le Yémen (171e, – 1 place) chutent davantage vers le bas du classement.

Un métier à risque
Au-delà de la censure ou de l’encadrement de la presse par les gouvernements, l’armée ou encore des lobbies diverses, les journalistes sont pris pour cibles dans de nombreux pays. Ainsi, le Pakistan est pour la deuxième année consécutive le pays le plus meurtrier pour les professionnels de l’information. Le Mexique, le Honduras, la Somalie ou encore le Brésil ont également vu une montée de la violence envers les journalistes.

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