EXPATRIATION – J’ose enfin !

Un autre monde, une autre vie. L’expatriation permet souvent d’oser faire des choses que l’on n’aurait pu imaginer réaliser en France. Que la prise de risque soit professionnelle ou personnelle, s’expatrier requiert aussi de déployer ses ailes

Climber holding coiled rope on mountain© Hybrid Images/cultura/Corbis

On ne le dira jamais assez, s’expatrier demande une bonne dose de courage et de volonté. Pas facile en effet de tout reprendre à zéro. Pourtant, cette montagne russe de changements et de nouveautés peut se révéler être une source d’adrénaline inattendue qui pousse les expats à prendre des risques supplémentaires  dans leur vie professionnelle et/ou personnelle.

J’ose … être mon propre patron !
Beaucoup de Français voient en l’expatriation une opportunité de commencer, seul ou avec un partenaire local, leur propre affaire loin d’un carcan fiscal et créatif français trop étouffant à leur goût. L’expatriation libère ainsi leurs désirs entrepreneuriaux et leur ouvre les portes d’une nouvelle vie professionnelle. Romain nous raconte son parcours : “Arrivé au Mexique depuis 2010, j’ai créé un bistrot français avec ma compagne mexicaine. Jamais nous ne nous serions lancés en France étant donné le prix des investissements et la concurrence. Nous ne sommes pas chefs mais nous nous sommes lancés par passion et aujourd’hui nous n’avons que des félicitations. Dommage qu’en France on mette autant de bâtons dans les roues des entrepreneurs.”
Chloé, au Vietnam, a profité de la situation financière confortable rendue possible grâce aux différentes expatriations professionnelles de son époux pour se lancer, elle aussi, dans une nouvelle aventure. “Grâce à l’expatriation, je suis en train de réaliser un projet que je n’aurais jamais pu mener à bien si j’étais restée en France. L’assise financière de mon mari me permet de tester mon activité sans avoir être pressée par une rentabilité immédiate, ce qui réduit le risque lié a la création d’une entreprise aujourd’hui. L’expatriation est également ma source d’inspiration puisque c’est mon statut d’expat qui a fait émerger l’idée de mon business”, nous explique-t-elle.

J’ose … penser à moi !
Toutes les femmes d’expat n’ont cependant pas l’intention de retrouver le chemin du bureau. Un nouveau rythme de vie s’installe et entre les enfants et la maison, se crée un temps pour soi qui n’existait pas en France. “Maid” ou autres “nanny”, un bonus non négligeable dans le package des expats. De nouvelles activités s’inscrivent donc au programme de la semaine : yoga, gym, atelier calligraphie, apprentissage de la langue locale, club de lecture, cours de cuisine … L’emploi du temps reste chargé mais les journées sont enrichissantes de tous ces moments volés juste pour soi.

Et pourquoi pas utiliser ce temps sans activité professionnelle, à proprement parler (les enfants ce n’est tout de même pas du gâteau !), pour arrêter la machine infernale du temps et se demander ce dont on a vraiment envie. La moyenne d’âge de l’expatrié coïncide avec un moment de la vie où un bilan de son parcours passé et un questionnement sur son avenir interviennent. Pour certains, on réfléchit à sa situation professionnelle. “Les deux expatriations que j’ai vécues m’ont permis de savoir ce que je voulais et ce que je ne voulais pas. J’ai beaucoup muri sur le plan professionnel et suis devenue prête à voler de mes propres ailes, ce qui est un grand pas à franchir”, résume ainsi Chloé. Pour d’autres, l’introspection est plus intime. On fait le point sur sa relation conjugale et on remet parfois tout en question.

Ce grand bouleversement de vie peut ressembler à s’y méprendre à une deuxième jeunesse pour certains expatriés s’étant trop complus dans leur routine française. Le couple (et ses enfants) est aussi à l’aise sur les plages de sable fin du Brésil qu’en trek dans les montagnes népalaises. Monsieur décide alors de se remettre au sport et pourquoi pas à des activités plus extrêmes (escalade en haute montagne, chasse à la gazelle, snowboard…) ou plus prestigieuses (golf, voile, polo …). Madame, elle, aimerait bien se refaire une beauté. Et quand les instituts ou les cabinets de médecine esthétique ne sont plus de son goût, autant passer par le bistouri. Et pourquoi se priver quand en Tunisie, en Thaïlande ou encore en Turquie, les prix sont bien moins élevés qu’en France.

J’ose … aider les autres !
Quand on a la chance (et le luxe) d’avoir du temps pour soi, beaucoup en profitent pour le consacrer aux autres. Le bénévolat devient une évidence ailleurs alors qu’il ne l’était pas forcément en France. Lors d’une expatriation, les opportunités de s’impliquer dans les associations et les groupes humanitaires sont nombreuses. Action sociale, humanitaire, religion, sport, culture, santé, ou encore défense de l’environnement, les domaines d’activité qui réclament des bénévoles ne manquent pas. “Le bénévolat organisé permet, en faisant partie d’une équipe, de partager les décisions, de nouer des liens d’amitié (…) Une fois les enfants élevés, les responsabilités professionnelles terminées, c’est un bon moyen de rester au sein de la société et au cœur de ses problèmes.”, explique Claire d’Italie. Lire aussi : EXPAT – Le bénévolat, un simple passe-temps ?

J’ose… partir à nouveau !
Une expatriation, deux expatriations, trois … Quand on commence, difficile de s’arrêter. Alors que l’on trainait les pieds lors du premier départ, multiplier les tampons sur son passeport devient vite une sensation des plus grisantes. Pascal n’a ainsi plus qu’une crainte: “Devoir rentrer en France pour toujours. J’aime ce pays, mais il est trop étroit, explique-t-il. Une fois que vous avez goûté à l’internationalisation, vous ne pouvez plus vous en passer.” Commander son plat de nouilles en cantonais à Hong Kong, héler un taxi comme un vrai New-yorkais ou encore déjouer le dédale des rues de la Casbah, autant de connaissances et de souvenirs au goût sucré. Oser repartir à l’aventure dans un autre pays, loin de repères retrouvés, c’est certainement le plus beau challenge de l’expatrié.

Face à cette nouvelle réalité, les expatriés doivent s’adapter et affronter de nouveaux défis. Après la crainte des débuts, le goût de la découverte prend souvent le dessus, les expats, aventuriers des temps modernes, fuient la routine et prennent des risques aussi bien professionnels que personnels. Peu importe la voie choisie ou le résultat, l’important c’est d’oser. N’ayez aucune crainte, vous avez déjà pris le risque de tout quitter pour vivre ailleurs, le plus gros est fait, vos ailes sont déjà déployées.

Publié sur lepetitjournal.com

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