MUSIQUE – La France donne le “la”

Alors que l’on entend souvent que l’industrie musicale tricolore est en berne, les chiffres de la Sacem semblent dire le contraire. La musique française s’exporte très bien à l’étranger, en particulier la musique électronique, les grands standards et les musiques de film. Alors… dansez maintenant !

musiqueFête de la musique, le 21 juin 2012 à Paris. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

La Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) a présenté les chiffres de l’exportation musicale en 2012 : 82 millions d’euros, soit 2% de plus par rapport à l’année précédente. “Nous sommes très contents de ces chiffres d’autant plus qu’ils n’ont cessé d’augmenter au cours de la dernière décennie et plus particulièrement sur ces cinq dernières années”, a déclaré à France 24 Laurence Bony, directrice du département des affaires internationales à la Sacem. Les revenus générés par l’exportation représentent en effet désormais plus de 10 % du total des droits versés à la Sacem.

Qui exporte le plus ?
Si on est loin des succès de la musique anglo-saxonne, les tubes français font fredonner et bouger le monde entier. Les grands classiques de la chanson française font toujours les beaux jours du répertoire hexagonal. La mer de Trenet, La vie en rose d’Edith Piaf ou encore Comme d’habitude de Claude François sont encore cette année dans le top 10 des droits d’auteur.

La chanson française plus récente est également populaire au-delà de nos frontières et ce sont les femmes qui tirent leur épingle du jeu. Aux côtés de Mireille Mathieu, Lara Fabian, Patricia Kaas ou Mylène Farmer, on trouve aussi de nouveaux noms : “Le groupe Brigitte est très apprécié, ainsi que Lou Doillon qui suit les traces de sa mère, Jane Birkin. Mais l’un des plus gros cartons, c’est Zaz. À titre d’exemple, son premier album a été vendu à 850.000 exemplaires dont 300.000 rien qu’en Allemagne”, note Sophie Mercier.

La french touch se ressent également dans le son électro où les DJs français comme Bob Sinclar et David Guetta (le plus gros vendeur depuis plusieurs années) ou les groupes C2C, Justice ou encore Daft Punk, font vibrer les dancefloors.  “Ces artistes et leur label ont réussi à imposer une véritable patte française sur la scène internationale. Ils sont connus et reconnus dans leur domaine”, confirme Sophie Mercier, directrice du Bureau Export, association créée il y a 20 ans par les professionnels de la musique pour accompagner leurs artistes dans leur développement à l’international.

Une partie souvent oubliée du genre musical mais qui fait également recette : la bande originale de film. Alexandre Desplat, chouchou d’Hollywood et plusieurs fois nominé aux Oscars, a fait un carton avec ses bandes son du Discours d’un roi et de Harry Potter et les reliques de la mort.

Quels pays sont francophiles ?
Les pays européens sont très friands de musique française et en particulier nos voisins allemands, italiens, belges et suisses, en tête de la liste des importateurs du répertoire Sacem. L’Europe, en général, représente 60 millions d’euros de revenus collectés en 2012. La cinquième position du Japon dans ce classement prouve la vitalité de la musique tricolore en Asie-Pacifique (8,4 millions d’euros). Les Etats-Unis (6e) et le Canada (8e) pèsent, quant à eux, 7,8 millions d’euros.

Et cet été 2013 ?
Si le titre américain Blurred Lines de Robin Thicke fera trémousser les vacanciers du monde entier, des chansons made in France risquent de lui faire conférence. Les Daft Punk, dont l’album Random Access Memories fait un carton depuis plusieurs semaines, vont continuer à enivrer les danseurs du samedi soir avec Get Lucky. On pourra leur préférer Maître Gims, ancien du groupe Sexion d’Assaut, et sa Bella muy caliente. Si cet été, vous optez pour le camping, Kenn’V et son titre, un peu lourd, Ça va le faire, devraient vous trotter dans la tête.

Publié sur lepetitjournal.com

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