BOLIVIE – L’ambassade de France attaquée

Le président bolivien Evo Morales a été contraint à une escale forcée de 13 heures alors que quatre pays européens dont la France, ont refusé de lui ouvrir leur espace aérien. Le chef d’Etat, qui revenait d’un sommet à Vienne, pourrait en effet approuver la demande d’asile politique qu’a adressée M. Snowden à la Bolivie et Paris, Lisbonne, Madrid et Rome craignaient que l’informaticien américain, recherché par les Etats-Unis pour espionnage, ne soit présent dans l’avion présidentiel. Si l’autorisation d’accès au territoire national fait partie des droits régaliens des Etats, une interdiction après décollage d’un avion transportant un président et qui a fait approuver son plan de vol au préalable semble sans précédent.
“Il y avait des infos contradictoires sur les passagers qui étaient à bord”, a déclaré François Hollande. Avant d’ajouter : “Dès lors que j’ai su que c’était l’avion du président bolivien, j’ai donné immédiatement l’autorisation de survol” du territoire français. La diplomatie française a en outre présenté “ses regrets” quant à ce “contretemps”.

bolivie(photo AFP/Jorge Bernal)

Le mal semble pourtant fait. Une centaine de manifestants se sont rendus hier devant l’ambassade de France à La Paz et y ont jeté des pierres et brûlé des drapeaux français. Les banderoles et autres pancartes n’étaient pas tendres avec la France. “France, fasciste, hors de Bolivie !”, “France, l’Indien [M. Morales] est le sauveur du monde !”, ou encore “France hypocrite, France colonialiste”, pouvait-on lire.  Le Parlement bolivien souhaite en outre demander l’expulsion du pays des ambassadeurs de France, du Portugal et d’Italie. Une réunion de l’Union des nations sud-américaines (Unasur) aura également lieu aujourd’hui à Lima au niveau ministériel pour évoquer l’escale viennoise du président bolivien.

Publié sur Lepetitjournal.com

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